Test Pirelli Diablo Rosso Corsa II

Un pneu pour rouler sur route et sur circuit ? Pour l’année 2018, les ingénieurs Pirelli ont décidé de mettre à jour le vieillissant Diablo Rosso Corsa (2010). Ces pneus étaient réputés très bons sur sol sec mais montraient vite leurs limites en présence d’humidité. La version 2 change-t-elle la donne ?

Pourquoi ai-je changé de pneu ?

Nous sommes le 2 avril 2018, je trouve un clou dans mon pneu arrière. L’occasion « rêvée » de changer ce maudit Michelin Pilot Power dont le DOT montrait qu’il a été fabriqué la 13e semaine de 2012 ! Me voici donc en quête d’un pneu me permettant de rouler quelle que soit la météo, mais également d’aller sur circuit une journée par mois.

Content de mes précédents Pirelli Diablo Rosso III, je cherche une gomme un peu plus sportive et m’arrête d’abord sur les SuperCorsa V2… Geniaux sur le sec, mais leur durée de vie et leur réputation sur sol humide les précèdent. Pas de SuperCorsa !

Je m’oriente donc vers les tous nouveaux Diablo Rosso Corsa II et les fait poser deux jours plus tard chez Xavier, mon mécanicien : Redhawk Montgeron.

Pirelli présente son Diablo Rosso Corsa II

DiabloRossoCorsaII_Image_3_4Il était temps de mettre à jour les Rosso Corsa qui dataient de 2010. Ce pneu est prévu pour un usage route à rythme élevé, et quelques trackdays. Pour cette raison, et pour la première fois, les ingénieurs de Pirelli ont décidé de créer un pneu multi-gommes.

L’avant est un bi-gomme dont la bande de roulement est composée à 100% de Silice qui a pour rôle d’améliorer la résistance à l’usure et au roulement, mais également l’adhérence sur les sols mouillés et froids.

Pirelli_avant_bi-gomme
Crédits : Pirelli

L’arrière quant à lui est un pneu Tri-gomme. L’arrière est étudié pour offrir un maximum de longévité sur la bande de roulement et d’adhérence sur sol sec ou humide sur les angles moyens. Les épaules du pneu sont composées à 100% de noir de Carbone afin d’offrir un grip maximal lors de contraintes extrêmes, lors d’une session sur circuit par exemple.

Pirelli_arriere_tri-gomme
Crédits : Pirelli

Le rodage

Une fois les nouvelles gommes sur la Ninja, je repars sous une pluie battante. Évidemment les Rosso Corsa II sont encore enveloppés de leur paraffine, extrêmement glissante sous la pluie. Donc prudence est de mise ! Malgré cela au bout de 5 kilomètres, le pneu se comporte déjà mieux que mon ancien Pilot power, il ne décroche plus à la moindre accélération.
Il m’aura fallu pas moins de 50 kilomètres pour venir à bout de toute la paraffine sur mes pneus.

Mise en température et adhérence sur route sèche

Le Diablo Rosso Corsa II est un pneu qui chauffe relativement vite. Quelques accélérations et freinages permettent de le faire monter à température d’usage. Une fois le pneu chaud, on trouve un pneu dont le profil donne la sensation au début de « tomber » sur l’angle avant de révéler tout son potentiel : il accroche, il est stable et rassurant.

Le pneu avant remonte beaucoup d’informations grâce à sa rigidité, en revanche on y perd beaucoup en confort. Cependant, la précision des informations remontées est très appréciable lorsque l’on roule à rythme soutenu !
Il est stable au freinage et ne s’écrase pas comme le faisait mon ancien Michelin, rendant presque les stoppies prévisibles et maîtrisables !

Concernant le pneu arrière, c’est un pneu très rassurant, qui une fois sur l’angle, fait preuve d’une excellente adhérence et d’une belle progressivité. On sent que sur mon 600cc, le pneu adhère sans faiblir, permettant quelques acrobaties du genre :
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Adhérence sur route humide

Pirelli annonce le Diablo Rosso Corsa comme un pneu route et circuit: il faut donc tester ses performances sous la pluie. Qu’elle soit battante, légère ou fine, je n’ai pas eu de reproche à faire concernant l’adhérence de mes pneus. J’ai été très agréablement surpris par leur comportement sur route humide.

Annoncés pour un usage 50% piste 50% route, je m’attendais à être confrontés rapidement à leurs limites lors de mauvaises conditions météorologiques. Et bien non ! Pour un pneu de cette catégorie il se défend très bien ! Il faut aller chercher la limite pour réussir à le faire décrocher. Bien entendu, ce pneu n’équivaut pas un Michelin Pilot Road 3/4 ni même un Pirelli Diablo Rosso III sous la pluie. Toutefois, le pneu montre des performances bien plus qu’acceptables.

Et sur circuit ? Que valent-ils ?

A l’heure où j’écris ces lignes, j’ai ces pneus depuis exactement 3 500 kilomètres dont 3 après-midi gratuits et deux journées avec le club Riding Sensation au circuit Carole (93). Il est important de rappeler que nous avons là un pneu prévu pour la route, et capable d’assumer des trackdays. Il est donc difficile de comparer ce pneu à son grand frère le SuperCorsa SP ou encore le SC.

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Malgré son usage prévu pour la route, le Diablo Rosso Corsa 2 se tient très bien sur circuit et garde de très bonnes capacités d’accroche tout au long des 20 minutes que dure une session. Une fois le pneu en température, et à la bonne pression, il ne se désunit pas et donne une grande confiance : on peut pencher, on peut accélérer sur l’angle et même freiner !
En revanche lorsque la température de l’air dépasse les 30°C, que le sol est brûlant, il faut bien penser à adapter la pression des pneus. En effet, le mélange de gomme ne semble pas aimer les températures extrêmes et l’arrière décroche au bout de 8 minutes de roulage :

La pression à froid était à 1.6 bar à l’arrière, et 1.9 bar à l’avant. En sortant du circuit pneu chaud donc, ma pression était à 2.2 bar à l’arrière et 2.1 à l’avant, ce qui explique la raquette.

Préconisations pression de Pirelli à chaud sur circuit :
2,2 Bar à l’avant, 1,7 Bar à l’arrière

Après avoir adapté la pression, et de retour en piste, les chronos continuent à s’améliorer de tour en tour jusqu’à atteindre un joli 1’13″21 pour un chrono habituel en 1’17 sur les roulages précédents.
Angle maximal lors de la journée : 54,4° sans décrocher

Usure au fil des journées piste

Après 3 sessions de 10 minutes à Carole, on aperçoit la démarcation des différentes gommes : 20180406_145939-2

Après 3 autres sessions à Carole de 15 minutes cette fois-ci,

Après une journée au circuit Carole avec le team Riding Sensation, donc 6 sessions de 20 min, la gomme sur les épaules est usée, la démarcation est importante entre les deux gommes en silice et en noir de carbone.

Et après avoir roulé une centaine de kilomètres sur route pour rattraper la bouloche, on obtient un pneu dont les différentes gommes sont non seulement visibles, mais la jonction entre les deux gommes extérieures du pneu arrière se fait également légèrement sentir.

20180422_150124-2

Conclusion

Ce pneu satisfait mes attentes de pistard occasionnel (une journée par mois environ) mais également de gros rouleur. Malgré les 2 000 kilomètres par mois pour me rendre sur mon lieu de travail, les conditions météorologiques rencontrées, j’ai particulièrement apprécié les Pirelli Diablo Rosso Corsa II.
A ce jour, après 3 500 km, je suis à environ 50% d’usure sur le pneu arrière, et autant sur le pneu avant.

Temps de chauffe : ★★★★★
Adhérence sol sec : ★★★★★
Adhérence sol humide : ★★★☆☆
Endurance circuit : ★★★☆☆
Durée de vie : ★★★☆☆

Note : 15,2/20

A qui s’adresse ce pneu?

Les Pirelli Diablo Rosso Corsa 2 s’adressent au motard expérimenté qui veut un pneu lui permettant de rouler fort, sans sacrifier l’adhérence sur sol humide. Sa durée de vie plutôt faible ne le prédestine pas à une routière ni à un trail. En revanche il trouvera autant sa place sur une sportive 600 que sur une 1000cc, ainsi que sur les roadster sportifs.

10 commentaires sur “Test Pirelli Diablo Rosso Corsa II

  1. Super ! Le test est tellement complet et de meilleur qualité que ce que je peux trouver ailleurs que prend le temps de commenter ! Merci énormément pour le retour et les informations sur la longévité! Tu m’as convaincu, Pirelli devrait te payer 😂

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  2. salut Xilow, petite question sur la pression circuit.

    Si je comprend bien tes pneus a chaud était trop gonflé ? ( 2.2 au lieu de 1.7 a l’arrière ? ) quelle a été la solution ? mettre encore moins de pression a froid ?

    Merci d’avance pour ta réponse

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    1. Hello!
      Oui tu as bien compris ! Les pneus une fois chauds étaient trop gonflés pour le circuit.
      Du coup il faut adapter et donc diminuer !

      En partant d’une pression à froid on obtient jamais la même pression à chaud. Donc la pression sur piste ne se fait qu’à chaud 😉

      Bonne route !
      Xilow

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      1. mais du coup ça te fait une pression a froid très basse , autour de 1.3 je suppose ( vu que tu était a 1.6 avant ) , comment se comporte le pneu a cette pression le temps qu’il monte en température ?

        merci pour ton retour sur ce pneu qui semble une bonne alternative plus sportive que le s21

        J'aime

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